Il y a cinq ans, General Motors commercialisait le Hummer H2, un véhicule si gourmand en carburant que GM mit à profit une lacune de la réglementation fédérale afin de ne pas publier les données relatives au kilométrage du véhicule.
Aujourd'hui, le premier constructeur automobile des États-Unis au chapitre des ventes, et d'ordinaire le plus conservateur des Trois Grands de Detroit, a affecté des centaines d'ingénieurs et investi des millions de dollars pour se hisser au premier rang des sociétés les plus respectueuses de l'environnement de l'industrie automobile.
Prototype
Les équipes d'ingénierie oeuvrant au Centre technique de GM à Warren (Michigan), font des pieds et des mains afin de pouvoir transformer le prototype récemment dévoilé par l'entreprise en véhicule de production d'ici trois à quatre ans.
Dès cette année, les laboratoires de recherche de GM devraient fournir la technologie des piles à hydrogène à un groupe d'ingénierie qui planche à l'élaboration de nouveaux groupes motopropulseurs à des fins de commercialisation, preuve tangible de la détermination accrue de GM de voir circuler les voitures à hydrogène sur nos routes dans un proche avenir.
Les dirigeants de GM reconnaissent ignorer si ces véhicules à technologies de pointe seront un jour commercialisés, et encore moins s'ils seront rentables. À l'instar de toute autre entreprise, le constructeur automobile est arrivé à la conclusion qu'il ne pouvait plus attendre de connaître les résultats du débat public portant sur le réchauffement planétaire et la soif de pétrole croissante de l'économie mondiale. GM craint en effet de vendre beaucoup moins de voitures si les consommateurs l'associent aux véhicules énergivores.
Problème et solution
«Les gens doivent être convaincus que nous faisons partie de la solution, et non du problème», dit Lawrence Burns, vice-président de la recherche, du développement et de la planification chez GM. L'urgence de GM liée à la commercialisation d'un véhicule électrique, soit la Volt de Chevrolet, est attribuable en grande partie à la volonté du fabricant de démontrer hors de tout doute qu'il «comprend» véritablement l'ampleur du problème du réchauffement climatique, indique M. Burns.
GM n'a pas voulu révéler les sommes investies dans ces nouvelles technologies, mais selon des sources sûres, l'entreprise consacrerait des ressources importantes au projet.
Le constructeur tente de restructurer ses exploitations nordaméricaines non rentables et a récemment perdu son titre de chef de file en termes de production aux mains de Toyota Motor, le fabricant de la voiture hybride essence-électricité Prius, dont la consommation d'essence est estimée à 50 milles/gallon.
Pas de pétrole
Afin de distinguer sa stratégie de celle de Toyota, GM a décidé d'élaborer des véhicules et des technologies ne nécessitant aucun combustible à base de pétrole.
L'initiative a donné lieu à une campagne visant la promotion de l'éthanol. Au début de 2006, M. Lutz et ses collègues avaient conclu que GM devait trouver une solution plus «spectaculaire» aux problèmes du réchauffement climatique et de la consommation de pétrole, soit la commercialisation d'un véhicule respectueux de l'environnement «entouré d'un halo», telle la Prius, qui jetterait une lueur dorée sur la gamme entière des produits GM.
Dans le cadre d'une présentation aux dirigeants de GM, M. Burns suggéra à l'entreprise de créer un produit si fascinant qu'il «ferait trembler la concurrence».
Pour ce fair...
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